Interview d’Alexandre Ulcakar, spécialiste du Népal & créateur de Tribeni Trek

 

Bonjour Alexandre, pour commencer peux-tu nous en dire un peu plus sur toi ? Sportif dans l’âme depuis toujours ?

En fait, je ne me sens pas vraiment sportif, le sport s’est plutôt imposé comme un moyen évident de découvrir. J’aime la notion de dépassement dans le sport, oui, mais il n’est pas une fin en soi, davantage un moyen. J’ai une formation d’ingénieur et j’ai travaillé pendant 6 ans à la Défense, mais j’ai toujours aimé la nature et les grands espaces.

À quand remonte ton premier voyage au Népal ?

C’était en 2003, je suis parti avec mon sac à dos durant 3 semaines, marcher sur le fameux tour des Annapurna, un trek emblématique au Népal.

Comment t’es venu cette passion pour le trek ?

Vraisemblablement assez naturellement par le goût de la nature et de passer du temps à l’extérieur. Et puis, la marche donne accès à des lieux que l’on ne pourrait pas atteindre autrement, donc on limite la fréquentation, le contact est privilégié et on a plus de chance de toucher une part de vérité. C’est sans doute mon véritable moteur.

Combien de treks as-tu à ton actif ? (si tu peux encore les compter!)

Surtout ne pas compter, je n’en ai aucune idée et loin de moi l’idée de tenir un catalogue. Je privilégie la qualité à la quantité !

Quel trek t’as le plus marqué ?

C’est sans doute un trek à l’extrême Ouest du Népal, un trek sans nom. Il m’a marqué par le côté exploratoire et les rencontres que j’y ai faits. Des enfants népalais qui n’avaient parfois pas vu d’étranger et se cachaient dans les jupons de leur maman. Des adultes qui m’ont offert l’hospitalité bien que vivants de peu et malgré mon insistance pour donner quelque chose. C’est une région qui m’a touché. Il m’a fallu parcourir une semaine de moto pour arriver au point de départ de ce trek qui a duré 3 semaines. Je suis parti à la découverte de régions encore assez peu explorées et encore assez sauvage.

Quelle est l’expérience sportive dont tu es le plus fier ?

Je ne parlerais pas de fierté, mais j’ai été très heureux de gravir le Tribeni Himal avec mon copain Lionel. Un sommet vierge de 6300m environ dans une vallée très isolée. C’était une de ces journées où tout concorde de façon excessivement simple. Une expédition réussie est souvent l’aboutissement de très nombreux facteurs et les grains de sable extérieurs ou intérieurs ne manquent pas pour que le scénario glisse sur une pente inattendue et potentiellement dangereuse. Pour le Tribeni Himal, tout était réuni, une amitié solide, notre préparation, les conditions météo malgré l’approche de l’hiver. On a vraiment eu la sensation d’être là où il fallait au bon moment, ça sonnait juste.

Quel a été le déclic qui t’a donné envie de rester au Népal ?

Pas vraiment un déclic, mais plutôt une attirance pour l’ailleurs qui s’est renforcé avec ce pays plus qu’ailleurs à cause des personnes rencontrées. La montagne, les explorations encore possibles et la sensation de liberté d’entreprendre ont fait le reste.

Aujourd’hui, comment se passe ta vie là bas ?

J’ai vécu 6 ans au Népal mais aujourd’hui je suis partagé entre la France et le Népal. Au Népal, la saison d’automne représente pour nous le pic d’activité et nous vivons avec mes amis Babulal et Haribol deux mois extrêmement intenses à Katmandou. Puis la saison terminée, j’aime bien partir sur le terrain, loin de la capitale pour faire des photos d’un trek connu ou en reconnaître un nouveau ou encore partir à moto.

Qu’est-ce qui te plaît le plus dans ta vie Népalaise ?

Sans doute l’insouciance népalaise, ça donne une légèreté à nos vies.

Comment t’es venu l’idée de créer ton entreprise ?

Un peu comme le reste, l’idée ne surgit pas d’elle-même mais s’installe un peu comme une évidence, presque à notre insu. Le reste est une histoire de ténacité et de passion, de goût de l’effort aussi.

Pourquoi avoir fait le choix de t’associer avec le Monde en V.O. ?

Pour plusieurs raisons. La première est de partager des bons moments, associer le travail et une bonne ambiance même et surtout quand les situations sont compliquées, faire grandir une entreprise en s’amusant. Je partage avec Alexandra cet état d’esprit, ne pas se prendre trop au sérieux et avoir des grands rêves. Je crois également en Alexandra qui a créé le Monde en VO, je crois dans sa vision de l’entreprise et dans ses choix. Enfin, le monde en VO permet de donner libre court à des idées de voyages et donc de réaliser des rêves.

En tant que spécialiste des treks au Népal, quelle est la meilleure période de l’année pour partir ?

La période dépend du trek choisi. Les altitudes sont assez variées au Népal, de 200m jusqu’à 8000m. La période dépendant donc de l’altitude de votre trek. Pour des treks assez soutenus (4000m/5000m) préférez l’automne ou le printemps afin d’avoir une température convenable et d’éviter la période de mousson. Pour la traversée du Dolpo-Mustang, il est intéressant de s’y rendre à proximité de la mousson car les paysages verdoyants y sont magnifiques. Enfin, pour les voyages de découverte du Népal, c’est l’inverse, il faut mieux se rapprocher de l’hiver, une période sèche qui laisse voir les sommets sans être au pied et les températures sont douces.

Quels conseils donnerais-tu pour bien choisir son trek ?

Pour choisir son trek il faut en premier lieu évaluez votre niveau et cibler la difficulté du trek que vous voulez faire. Il faut également choisir si vous voulez privilégier les paysages ou les rencontres. Ensuite il est important de déterminer la durée approximative de votre trek ainsi que le niveau confort que vous souhaitez. Il existe principalement deux types d’hébergement sur les sentiers du Népal, en lodge ou en tente. Une fois que vous avez fait le point sur toutes ces informations, vous pouvez vous rapprocher de nous afin que l’on vous aide à trouver votre trek idéal.

Est-il important d’avoir un guide ?

Oui, outre les aspects de sécurité, un guide ne vous sert pas seulement à vous déplacer d’un point A à un point B mais il est la clef pour comprendre la culture du pays.

Lorsque l’on se prépare pour un trek au Népal, quel matériel indispensable faut-il emporter dans son sac à dos ?

Il est important d’emporter avec vous une bonne dose d’enthousiasme et l’envie de découvrir. Enlevez de votre sac la peur de l’autre et l’appréhension de l’inconnu! N’oubliez pas d’ajouter un peu d’apprentissage de la langue avant de partir, juste quelques notions très simples afin de vous faire comprendre et ajoutez-y un peu de bonne humeur et une bonne dose d’humour !

Pour toi une journée type lors d’un trek c’est…

Se lever du bon pied, rigoler avec son guide au petit déjeuner, aller discuter avec un enfant sur le chemin de l’école, s’arrêter dans un champ pour dire bonjour et échanger avec un agriculteur qui emmène ses yacks au pré. Manger à midi l’inévitable Dal Bath (un plat à base de riz et de lentille). Répartir le nez en l’air vers les sommets, bien boire pour s’hydrater, aller faire une Pudja au passage d’un monastère (une mini cérémonie), et enfin s’installer dans un lodge avec une Everest Beer pour passer une bonne nuit de sommeil!

Un petit mot pour la fin ? En népalais bien sûr… 😉

“Ramro sanga janus”, qui signifie “portez-vous bien”.